Et on se rencontre???

Suivez-moi sur Hellocoton
Retrouvez mowgouaille sur Hellocoton

lundi 5 décembre 2016

Lettre d'une mère à un jeune homme qui se pose des questions.


Tu vois, samedi, c'était les 7 ans de ma fille, et aujourd'hui j'en ai 38. Comme tous les ans je voulais écrire sur ma fille qui grandit, sur mes 18 ans qui ont 20 ans, sur cette date qui n'est pas anodine pour moi...

Et puis je t'ai croisé. Tu m'as parlé de tes doutes... Tu as 18 ans. Il y a ce garçon que tu connais depuis longtemps. Parfois tu vas chez lui, vous regardez des films ensemble, puis vous vous endormez sur son lit. 

Il ne se passe rien. La nuit, pourtant, entre sommeil et éveil, tu as envie de te rapprocher de lui. Parfois au cinéma, tu as envie de lui prendre la main.  Tu as essayé de séduire Lise et Lola mais c'est à lui que tu penses quand vos lèvre se croisent.

Tu as essayé de te persuader que ça n'existait pas, puis maintenant tu te dis que c'est une passade, que tu tomberas un jour amoureux d'une fille.

Un jour tu te diras peut-être que tu es amoureux d'un garçon, que tu es bissexuel. Ou tu te demanderas si tu es vraiment homosexuel.

Soit. As-tu besoin de mettre un nom sur ce que tu es? Tu es un homme amoureux. De qui? Est-ce cela a beaucoup d'importance?

Oui, peut être que ceux que tu aimes auront du mal avec ça. Mais tu pourrais tomber amoureux d'une fille qu'ils détestent.

Bien sur avoir des enfants, supporter le regard des autres sera plus dur. Mais être différent est dur. Je ne rentre pas dans le moule, je ne pense pas comme tout le monde, je suis franche, direct et maladroite. Souvent rejetée par ce que je suis. Mais c'est ce que je suis. Je ne changerai pas, parce que je ne peux pas changer. Et les gens qui m'aiment pour ce que je suis, leur amour, a d'autant plus de valeurs à mes yeux.

Tu n'as pas choisi d'aimer qui tu aimes. Mais c'est toujours le cas. On ne choisi pas de qui on tombe amoureux, ou même qui l'on désir. C'est comme ça, c'est chimique... Il ne faut pas lutter.

J'ai 38 ans. J'en ai passé 25 à tenter de rentrer dans le moule, à essayer d'être celle que je n'étais pas. Puis j'ai passer 3 ans à me retrouver, à savoir qui j'étais. Ce fut un travail douloureux. Tu ne peux pas lutter contre toi. Tu ne peux pas te haïr toute ta vie. Mais tu peux aimer un autre. Un autre qui t'aime comme tu es.

Rien ne sera jamais facile. Mais la vie c'est comme ça. Alors ne te la compliques pas plus que ce qu'il ne faut. Tu restes un homme de 18 ans. Humain, virile et intelligent. Tu n'es pas seul. Il est là... Et je suis là si tu en as besoin.

Les belles histoires d'amour sont rares. Crois-moi. J'en ai laissé passer une belle. J'ai rencontré mon grand amour aujourd'hui, mais parfois, je me demande ce qu'il se serait passer si un jour, j'avais osé lui dire... Ne passe pas toi, à coté de ça...

Voilà les conseils d'une vieille de 38 ans. C'est pas grand chose. Tu penseras peut-être que je n'ai rien à t'apprendre, ou que je ne peux pas t'aider. Peut-être. 

Juste, je voulais te dire que j'ai une fille. Et j'espère que, que, si un jour elle tombe amoureuse d'une autre fille, elle ose le dire, qu'elle n'aura pas de problème avec ça, et surtout qu'elle n'aura pas peur. J'espère que ça lui semblera aussi naturelle que de tomber amoureuse d'un garçon et que toutes ces questions ne l'effleureront pas.

Alors j'ai les mêmes souhaits pour toi que pour ma fille. Juste je te souhaite d'être heureux. Peu importe avec qui, comment ou pourquoi. Sois Heureux.

Je te souhaite de bonnes fêtes de fin d'année et un joyeux noël. Pleins de bonheurs.

La maman d'Eloïse
Si vote famille vous rejette vous pouvez joindre l'association le refuge qui vous viendra en aide.  
Le refuge: assistance 7j/7 et 24h/24 : 06,31,59,69,50. SMS ou Appel.

jeudi 24 novembre 2016

Merci

Depuis que je suis petite j'aime aider.
Je crois que j'ai accentué ce trait parce que souvent j'entendais mes parents, ma famille, dire "Cette petite est d'une générosité incroyable". Ça me donnait une identité. J'étais la petite qui donnait tout. 

Ma mère me raconte parfois que je cachais mon goûter dans le cartable de celle qui n'en n'avait pas parce que  je mangeais le soir. Une fois, j'ai donné mes basket neuves parce que les vieilles m'allaient très bien.

Ma tante a même retrouvé mon vœux de profession de foi: "je voudrais apporter mon aide aux autre pour œuvrer pour un monde de paix".

Naturellement je suis devenue éducatrice. J'ai fait de l'accompagnement mon métier. Mais être éducateur aujourd'hui s'éloigne parfois de l'accompagnement pour devenir du bouchage de trou. Moins d'humain, plus de dossiers et de professionnalismes.

Puis j'ai voulu devenir intit' spécialisée. Mais j'ai appris que ce n'était pas pour moi.

Puis je me suis retrouvée au chômage. J'ai d'abord compris que ne plus pouvoir aider les autres me manquait. C'était ma drogue à moi...

Puis j'ai parlé de ma situation à d'autres. D'abord il y a ceux qui prennent leurs distances. Il y a ceux qui sortent les traditionnels "mais tu vas rebondir". 

Et puis vient le temps où tout le monde oublie que tu es au chômage. On parle boulot, ras le bol d'y aller, des dilemmes... Je me rends compte que le boulot c'est un sujet de conversation super prisé. Moi je n'ai plus rien à raconter: je suis à la maison. Je fais les courses, le ménages, je lis un peu, je vais chercher Éloïse à l'école... Ma vie tourne en rond.

Et puis au milieu de tout ça, il y a des gens qui arrêtent le cercle pour qu'il ne tourne plus rond.

Il y a d'abord SNC,  une association qui m'aide à ne pas perdre pied, qui m'écoute sans me juger, me conseille avec lucidité et recule... Je ne sais pas trop si je pourrais avancer sans eux...

Il y a Guida qui m'a écouté et m'a présenté Marie.

Il y a Marie qui a écouté mon projet de dingue et qui m'a dit "c'est une bonne idée mais tu ne vas pas faire comme ça, puis tu vas venir chez nous faire un stage"

Il y a mes parents et mes beaux-parents, qui allongent les billets avant même qu'on n'en n'ait besoin pour que la maison soit payée et qu'on mange à notre faim.

Il y a leurs amis, qui, quand mes parents ne peuvent plus, prêtent à leur tour parce qu'ils ont confiance en moi, et en ma capacité de rebondir.

Il y a mon frère qui décale les paiements de la voiture de mes parents pour qu'ils puissent m'aider alors que noël approche et que lui et sa famille de 5 ont besoin de ces sous...

Il y a La mère Cane et Sparkling Mummy qui ne me parlent jamais boulot et m'accueillent avec des sushis et des sourires quand j'ai besoin de souffler, qui me proposent des sorties sponsorisées avec ou sans Éloïse parce qu'elles savent que je n'ai plus les moyens de faire tous les cinés et toutes les sorties possibles.

Il y a Lauriane qui dès que j'arrive avec un nouveau projet me dit "Mais oui!!!! Tu vas y arriver, je connais une fille..." et qui trouve toujours le bon exemple qui permet de raccrocher en se disant "moi aussi ça va marcher".

Il y a Julie et Sophie qui me fouttent un coup de pied aux fesses quand ça ne va pas.

Il y a Kristyna qui prend Eloïse les soirs où j'ai rdv avec SNC ou un entretien d'embauche, et que je n'ai pas de solutions. 

Il y a mon lardon qui tous les matins passe un tête en me demandant "ça va?", parce qu'il sait que tous les matins ne se ressemblent pas.

Il y a Caroline, Céline, et toutes les autres à qui je confie mon projet qui me disent "Mais c'est géniaaaaaaal, mais c'est trop fait pour toi". 

Il y a Agoaye qui me file le numéro de sa copine pour que je trouve un stage rapidement, alors qu'on a dû se parler une vingtaine de fois sur facebook....

Il y a Athanasios que je retrouve à Activ projet, alors qu'il était mon pion au collège, qui partage mes recherches de stages.

Il y a les copains de booktube, facebook, la petite library qui font pareil en laissant des petits mots d'encouragement à chaque fois....

Il y a Julie et Céline du 13 qui juste mettent le petit mot qui fait du bien, comme ça l'air de rien, genre "on dira que je ne suis pas là".

Et puis il y a ce restaurateur qui propose à Eloïse un cours de cuisine gratuit parce que c'est ce qu'elle veut pour son anniversaire. Puis qui, quand il apprend ma situation, nous propose une surprise aussi... Alors qu'on a dû échanger 3 fois et qu'on s'est croisé à une soirée une fois...  



Merci la vie de m'avoir appris à recevoir. Parce que tous ces petits gestes me permettent d'avoir un moral d'acier de monter un projet de dingue et d'y croire. 

Merci les gens, d'être là. Merci pour tout ça. Pour vous ça peux sembler dérisoire mais vous ne pouvez pas savoir à quel point la vie devient simple quand vous êtes là, combien elle reste belle et me permet de voir la vie avec espoir. 

Merci aussi de prouver que l'humanité n'est pas seulement peuplée de crétins qui pensent qu'à eux, râlant sur leurs canapés en pleurant sur leur situation et en pensant qu'on donne tout aux migrants qui arrivent pour nous piquer notre bon pain.

Merci d'être vous. Merci d'être là.

Et merci à Mathou de me laisser piocher dans ses illustrations sans rien me dire.






mercredi 23 novembre 2016

Cher Nicolas Sévilla,

J'ai vu ce matin, par hasard en checkant ma page facebook que tu avais un problème d'éducation avec ta fille. En effet, en te promenant dans ta ville tu es tombé sur ça:


Et tu t'es dit "Merde, qu'est-ce que je vais dire à ma fille?"

Alors tu as du bol mec: je suis une ancienne éducatrice, ayant monté un atelier autour de la sexualité pour des personnes en situation de handicap intellectuel. Du coup c'est mon domaine: dédramatiser, synthétiser, m'adapter et expliquer en respectant la liberté d'aimer et de penser....

Bon déjà premier point: tu as du bol tu aurais pu tomber sur ça:







 Ou sur ça

Moi, perso, je ne sais toujours pas expliquer à ma fille que la société propose de se laisser violer contre un joli vêtement très très cher....



Donc rassure toi, ça va être plus simple...

Bon donc, voilà tu te promènes dans la rue, hop, hop, et voilà t'y pas que tu tombes sur cette pub. Bon déjà vu TOUTES les pubs qui existent et auxquelles nous sommes confrontés chaque jour, tu as une chance sur cent pour qu'elle remarque celle-ci plus qu'une autre... Mais bon imaginons: pas de bol celle-ci elle la remarque...

Ah. Bon. Va falloir parler sexe avec ton enfant.

Bon tu sais 8 ans c'est le bon âge hein pour leur expliquer la petite graine tout ça, tout ça quoi...

Donc. Elle te demande ce que c'est...  Tu peux lui répondre:

"C'est une publicité qui parle de maladies qu'on attrape parfois quand on est grand. Quand deux adultes s'aiment, souvent si les deux en ont envie, ils font l'amour. Ça veut dire qu'ils se font des câlins de grand, je te montrerai, il y a plein de livres pour les enfants qui expliquent très bien ça.

Mais parfois, quand on fait l'amour, on peut transmettre des maladies. Alors tant qu'on n'est pas sûrs, que l'on n'a pas fait de prise de sang qui montre qu'on n'a aucune maladie, alors il faut mettre des préservatifs. C'est un bout de plastique qu'un homme peut mettre sur son pénis pour ne pas attraper ou transmettre des maladies.

Tu vois cette publicité, elle explique ça: quand on est amoureux et qu'on a envie de faire l'amour avec quelqu'un, il faut se protéger pour être sur de ne pas tomber malade.

Mais la chose la plus important dont tu dois te souvenir, c'est que personne ne doit t'obliger à faire l'amour avec lui si tu n'en n'as pas envie. Ni même te toucher. Ça ce sont des choses de grands et tant que tu ne voudras pas le faire, personne n'a le droit de t'y obliger. Tu peux même attendre le mariage si tu veux, peu importe. Mais si quelqu'un insiste, te force ou même te touche alors que tu n'en n'as pas envie, alors tu dois tout de suite venir m'en parler, et on ira en parler à la police. Ok?"

Ah oui....

Je sais ce que tu vas me dire. Ce sont deux hommes. Et toi ce ne sont pas dans tes valeurs. Bon alors, là je vais te parler en tant que maman (et surtout ça n'empêche pas de passer par l'étape précédente hein!!!!! Parce qu'il en va de sa vie!!!)

Donc voilà ce que je dis toujours à ma fille quand il s'agit de parler d'un sujet qui élève la polémique. Je me mets dans ta peau: je pense que l'homosexualité est une déviance (ça me fait très mal d'écrire ça mais bon... Faut ce qu'il faut), je pense que tous les homosexuels sont des déviants et qu'une bonne psychanalyse leur ferait du bien... Mais bon... (attends trois secondes je vais vomir)....

Donc voilà ce que je dirais dans ton cas:

"Oui, ce sont deux hommes. Parfois, dans la vie il y a des hommes, qui s'aiment entre eux, des femmes qui s'aiment entre elles. Maman et moi, pensons qu'il est plus dans la normalité qu'une femme et un homme s'aiment, mais tu es grande et tu es capable de penser par toi même donc je te laisse penser ce que tu veux sur le fait qu'un homme puisse aimer un autre homme et sache que, même si tu ne penses pas comme nous, ça n'enlève en rien à l'amour que nous te portons.  Ici, comme la maladie dont je t'ai parlé tout à l'heure touche tout le monde, alors ils ont décidé de s'adresser à tout le monde. Et ça c'est une bonne chose parce que j'espère que le jour où tu voudras faire l'amour avec ton mari, tu n'auras plus à te poser ce genre de question..."

Voilà, voilà... Surtout Nicolas ne me remercie pas... j'aime rendre service. Et puis quand ta fille n'aura pas le SIDA à 25 ans parce qu'elle aura soit pensé à se protéger, soit se sera marié sans avoir consommé, tu penseras à moi chaleureusement et tu me diras "merci Mowgouaille".

En 2014, 2600 personnes ont été détectées en France dont 1100 héterosexuels. Ne nous détournons pas de ce fléau juste pour une histoire d'affiche, de mariage pour tous etc.... 

Si le sida continue sa lancée en 10 ans 20000 personnes pourraient être touchées à nouveau. Et je ne parle pas de ceux qui n'ont pas été détectés, nombreux parmi les hétéros qui se pensent, à tord, plus protégés. Mariage pour tous ou manif pour tous, il en va de notre devoir et pour la survie de nos enfants (et surtout pour qu'ils n'aient pas nos première fois à nous: peurs du sida et autres maladies, sexualité à capote...) de les informer, et de les prévenir.  

Pour une fois, oublions nos pré-jugés et nos désaccords et protégeons les.




samedi 19 novembre 2016

Chère Super Nanny...

Je ne regarde quasiment jamais ton émission. Mais voilà, aujourd'hui, je suis calée au fond de mon canapé pour cause de crève qui est en train de m'achever, et avant de mourir, j'ai une dernière volonté: te dire ce que je pense de ton émission de merde.

Je tombe sur l'épisode d'aujourd'hui. Bon j'ai pas besoin de regarder très, très longtemps, pour voir une maman épuisée, déprimée, voir dépressionnée, qui a perdu toute confiance en elle depuis qu'elle a eu trois enfant en ... à vue de nez... Trois ou quatre ans.

Perso, j'en ai eu qu'une en 7 ans, et il m'arrive d'être épuisée, alors trois en trois ans, je pense que je serais abonné aux antidepresseurs, à la clope, aux joins... 

En plus elle est en période de "réflection" avec son mari. C'est à dire qu'il prépare une séparation... Donc arriver à ce moment là, c'est comme arriver trois jours avant noël et reprocher aux enfants qu'ils sont trop gâtés...  C'est idiot. 

Ne pas prendre en compte toutes ces données, et donner des conseils dans une ambiance aussi délétère, c'est comme venir aider une société à rentrer en bourse alors qu'elle vient de déposer le bilan.

Cette femme va mal. C'est évident.

"Dommage :vous n'êtes pas allé au parc avec eux..."

Alors ma petite poulette de super nanny, excuse moi... Mais je te propose de passer une journée entière avec trois gamins entre 2 et 4 ans qui hurlent, te testent toute la journée, sans paye, sans ouverture sur le monde extérieur, sans avoir le temps de faire pipi toute seule...
      Et là, l'Homme arrive et propose d'aller au parc avec les enfants. Je te jure que 90% d'entre nous, les mères, les vraies,  sommes capable de faire la vaisselle de la famille Groseille avec notre langue, contre deux heures de liberté sans mômes et de proposer une soirée youpala au héros du jour. 

"C'est votre choix". Non ce n'est pas un choix c'est une nécessité. Quand tu parles à tes mômes comme elle leur parle, sur un ton d'adjudant chef, en étant incapable du moindre câlin, c'est que tu es au bout de ta vie...  

Et là, la solution n'est pas de la culpabiliser en lui disant "c'est pas ça être une mère", mais bien, de l'accompagner dans l'idée qu'elle a besoin d'être aidée par des PROFESSIONNELS, d'être pris en charge, et peut-être même de confier ses enfants quelques temps à son mari, ses beaux parents ou même, les placer quelques temps de façon volontaire (oui on a le droit de placer ses enfants quelques semaines quand on sait qu'on est fragiles) .Cette dame a besoin de se reconstruire.

Je peux rire, être choquée ou désapprouver totalement une émission de télévision. Mais là, je trouve ça dangereux. D'abord parce que, cette dame a besoin d'être aidée, et que vous ne l'aidez pas, vous l'enfoncez, mais qu'en plus, les femmes, qui sont dans le même état qu'elles devant leur télévision le samedi après midi vont s'enfermer encore un peu plus dans leur culpabilité d'être une mauvaise mère...

Alors les filles moi je vais vous dire: 

  • Super Nanny n'a rien d'une super nanny. Elle n'est pas bienveillante et n'a aucune psychologie: boycottez cette émission, qu'elle disparaisse une fois pour toute de nos écrans.

  • Si vous allez mal, que vous n'y arrivez plus avec vos mômes, que vous êtes épuisées, dépassées: trouvez quelqu'un à qui filer le relais. Dans n'importe quel boulot on vous dira de passer le relais, de vous faire épauler quand vous n'y arrivez pas. Le boulot de parents c'est pareil. On va chercher, les nounous, les mamys, les papys, les tatas, les pros pour aller boire des coups avec les copines et partir en week-end avec chéri. Il n'y a que comme ça qu'on tient, crois moi.

  • Bannissez les termes de "mauvaise mère", "mère indigne", "c'est pas ça être une mère"... Perso ça fait 7 ans que je suis mère, et je ne sais toujours pas ce que ça  veut dire. Pourtant moi, j'ai chopé le gros lot: une enfant qui dort, qui mange, qui rit, qui joue toute seule et qui est sage. 

  • Oui, parce que c'est ça aussi, qu'il faut se mettre dans la tête: on n'est pas tous égaux devant la parentalité. Oui, parce ce que je parle bien de PARENTALITÉ et pas de maternité. 
1) Donc on n'est pas égaux. Il y a ceux qui savent faire, qui sont passionnés par ça, qui pourrait passer leur éternité à faire de la pâte à modeler et de l'origami en chantant "libéré, délivré" en attendant que la tarte au potiron, faite maison, cuise dans le four (et là tu me hais parce que déjà tu chantes "libéré délivréééééé..." pour les trois jours à venir)

Mais on n'est pas toute Marie Hingles. 

Moi je suis plutôt Bridget Jone, le genre à proposer la vodka les jours de sorties scolaires et à laisser ma fille à l'étude alors que je suis au chômage. Est-ce que ça fait de moi, une mauvaise mère pour autant? Ma fille me dit que je suis la meilleure maman du monde donc ça doit aller. Mais vous savez pourquoi? Parce que je connais mes limites. Je sais que j'ai besoin de liberté, de distance avec ma fille, de temps privilégiés et de rituels. Ma fille c'est le centre de ma vie mais ce n'est pas toute ma vie. Et je vais vous dire: tant mieux pour elle, parce que le jour où elle quittera la maison, elle ne me sera redevable de rien, elle saura que j'ai une vie, à coté, et qu'elle est libre d'en faire autant.

2) Et puis on n'a pas les mêmes enfants. Je connais des enfants bruyants, turbulants, têtus, angoissés, violents.... Mais ce n'est pas de votre fait. Les enfants ont leur caractère propre qui se construit un peu selon leur histoire, un peu en réaction à ce qu'ils vivent, un peu parce que c'est dans leur nature.... Et je met au défis quiconque d'être posé et avoir la réaction parfaite en ayant trois heures de sommeil dans les pâtes et avec un gamin qui fait des caprices à tout bout de champs. 
  • Prenez confiance en vous. Des bêtises, on en fait tous. Etre parent, ça s'apprend pas, et surtout le binôme parent/enfant sera différent à chaque binôme (voilà pourquoi je demande à ma fille de demander le Mcdo à son père... ). Et puis, vous pouvez toujours demander de l'aide à l'aide social à l'enfance qui sont de VRAIS professionnels sans caméras et qui vous accompagneront dans vos moments de doutes (les maisons vertes, le planning familial, votre pédiatre sont là aussi). Ne restez pas seuls avec vos doutes et déculpabilisez....
Et n'oubliez jamais cette phrase:

Un enfant n'a jamais les parents dont il rêve. Seuls les enfants sans parents ont des parents de rêve.

Boris Cyrulnik


lundi 14 novembre 2016

14 novembre

Hier soir j'ai regardé Bridget Jones. 

Ce week-end, j'ai fait le week end à mille, les devoirs, et j'ai évité de pensé que 365 jours étaient passés.

J'ai évité les infos. Parfois, quand je tombais dessus, mes yeux, à nouveau se scotchaient à l'écran... Alors, on a fait les devoirs, la cuisine, on s'est disputés, puis on s'est embrassés,  on a lu, ....

J'avoue que j'étais mal à l'aise. Je suis de celles, comme beaucoup d'entre vous, d'entre nous, qui ont appris l'horreur de chez nous. Je revois ce tweet.... "Hey, ça tire vers chez moi... de partout... ça s'arrête pas... J'ai peur...". Puis un autre, puis un autre.

République. Mon frère y fait souvent la fête. Et puis  on énumère les copains sur Paris...La peur.

Ma mère m'appelle. Elle n'arrive pas à joindre mon frère... Une heure plus tard, elle me rappelle. Il devait aller boire un coup à la belle équipe, mais s'est ravisé. Trop fatigué. Ses potes auront eu autant de chance: à neuf heure, devant le monde à la terrasse et les envies de fumer, ils ont décidé, pour une fois d'aller boire un verre ailleurs. La clope sauve des vies parfois...

Puis il y a eu les jours, les mois... Et nous entamons les années. Parfois on est heureux de ne pas être touchés. Bénis des Dieux. On lit, et on regarde le malheur des autres comme pour se dire "ouf, on y était pas". Puis on se ravise, on s'en veut de cette pensée, d'être passés à coté, de l'avoir loupé de peu. 

Je ne peux plus regarder, lire tout ça. J'ai l'impression de regarder ce que je ne suis pas. Je ne veux pas me promener dans les rues de Paris, en guettant les impers trop amples, les poubelles trop pleines, les voitures mal garées. Je ne veux pas faire semblant de m'identifier non plus. Je ne suis pas eux. Je n'étais pas au Bataclan, je n'étais pas en terrasse, je n'étais pas au stade de France.

Je ne suis plus Charlie, je ne suis plus Bruxelles, je ne suis pas une victime. Parce que je ne veux pas avoir peur que ça m'arrive. Parce que je ne veux pas attendre que ça arrive à nouveau. C'est arrivé et je ne peux rien y faire. Mais je peux, faire en sorte, nous pouvons faire en sorte que cela n'arrive plus. 

Oui c'est un rêve, pieux, utopiste.

Quand j'étais jeune, on me "traitait" souvent d'utopiste. Je répondais avec aplomb, que Victor Hugo était traité des mêmes mots. Parce qu'il croyait qu'un jour, en France, les enfants ne seraient plus condamner au travail. Alors moi, je veux croire qu'un jour le monde sera paix et amour. 

Mais aujourd'hui en regardant, ces hommes, ces femmes, touchés, par la mort d'un proche, par une balle encore logée, par une nuit d'horreur, je veux leur laisser leur malheur, leur tristesse, leur reconstruction... 

Il faut leur laisser maintenant tout ça. C'est à eux, pas à nous. 

Qu'on en parle comme du moment où on a compris qu'il fallait se révéler, se relever, qu'on devait ouvrir les yeux sur ce que nous avons fait de notre état laïque, de l'immigration, des cités, ... Comment nous sommes aussi responsables de ces sentiments d'abandon et de recherches d'identités. Et comment, les fous, les DAESH, et autres extrémistes ont su récupérer nos échecs pour en faire des armes...

On doit s'en souvenir comme le moment où on a décidé de construire une nouvelle société. 

Laissons leur, leur deuil.

Et Mathou qui a toujours les bons dessins. Toujours.



jeudi 27 octobre 2016

Je suis une maman normale et qui l'assume (et je vais me faire detester)

Mes chères copines,

Est-ce que c'est le temps? La fatigue? Le surmenage?

Voilà trois jours que je vous croise sur snapchat, dans la vie, sur facebook, avec cette même phrase: "j'ai l'impression que j'assure pas une cacahuète en tant que mère".

Bon les meufs, là, il nous faut une piqure de rappelle.

Donc, vous vous servez un mojito et vous m'écoutez.

Quand Eloïse est née, la "mode" était la "bad mom'. On écrivait des livres, des blogs, sur tout ce qu'on faisait de mal avec nos enfants, on déculpabilisait, "libération" qu'on disait!

Puis je ne sais pas ce qu'il s'est passé, l'éducation bienveillante est arrivée et soudainement, les mamans parfaites ont suivies.

Non. Baisse ton doigt.

J'ai pas fini.

Je ne critique pas l'éducation bienveillante.

Baisse ton doigt, je t'ai dit.

Tu peux sortir. Si, si je te vire. Tu peux aller avec tes copines mamans parfaites pour aller me critiquer et dire à quel point je crains du boudin. Je sais. Tu ne m'apprends rien. Je crains. Allez, au revoir.

Pour celle qui sont restées. On continue. 

Je dis juste qu'à force de s'entendre dire qu'il ne fait pas punir, crier, taper (ce qui est bien) sans proposer d'autres solutions, bah nous les meufs, on s'est mise la pression toute seules. Tout à coup, il fallait faire des activités, plus de télé, manger bio, sain, faire les vaccins à l'heure, puis plus faire de vaccins, mettre des couches lavables etc... Baiser, cuisiner, travailler, sourire, faire de jolis photos sur instagram qui pue le bonheur.... Et si tu ne répondais pas à tout ça, pas besoin d'un autre pour te dire que ça va pas... Tu t'auto-flageolet toute seule (et c'est la fin des haricots.)

Alors on arrête de déconner.

De toute façon je vous rassure tout de suite: vos enfants, quand ils auront quinze ans (oui, parce qu'ils auront quinze ans un jour) vont penser que vous craigniez. Et adultes, il penseront que vous n'étiez pas des parents parfaits. C'est une quête illusoire.

Donc, il y a un moment, faut faire comme vous le sentez, et comme vous le pouvez.

Vous êtes malade?

Une journée télé n'a jamais tué personne. Je vous conseille même un chocolat maison, un plaid, et des câlins sur le canapé. Oui, ça aussi c'est du temps passé ensemble.

Vous bosser beaucoup et ne passez que 2h par jours avec votre enfant? Et dans ce temps il y a bain, repas, devoir?

Et votre mari? Il se prends autant la tête? Sinon je préfère passer deux heures à jouer dans le bain, discuter autour d'un repas, regarder une croute, avec plein de petits rituels que de passer une journée à lui demander de ranger sa chambre...

Vous criez? Menacez? Perdez patience?

So what? Vous êtes humain. Vous avez le droit de ne pas être parfait et de montrer le mauvais exemple. Puis vous pouvez reprendre avec votre enfant aussi "je suis fatiguée, malade, énervée... Du coup, j'ai plus de mal à patienter pour que tu obéisses. Tu fais un effort et je fais un effort ok?"

Profitez en pour lui montrer que vous êtes humain et que la tolérance c'est aussi accepter que l'autre ne fasse pas bien comme il faut...



Et puis il y a autre chose que je voulais vous dire. Si j'ai appris une chose de mes études d'histoire de l'art et en particulier d'histoire de la photographie, c'est qu'une photo ne reflète pas la réalité. Elle est l'expression de ce que l'on veut en dire (lisez la Chambre Claire de Roland Barthes).


Alors derrière des Ig, plein de fleurs, de sourires, de papa qui fait la cuisine, et d'une maman qui fait des bisous et qui a des fous rires, il y a souvent :
  • des fleurs achetées à la dernière minute et tournées du coté du mur parce que 4 roses ont perdues leurs pétales quand on a voulu rattraper Gaspard qui traversait sans regarder.
  • Des enfants à qui on a promis 10 min de tablette contre dix min de sourires contre un double bisous à 14h52 parce qu'il faut publier l'article à 16h...
  • Un papa qui laisse tout en plan après le gâteau au yaourt parce que c'est l'heure de stade2. Une maman qui range tout, derrière puis qui fait cuire des pâtes parce qu'après sa journée elle est fatiguée
  • Et puis il y a souvent une femme de ménage le mardi à 14h, comme ça, à 16h on peut faire des photos tranquilou...

Voilà les filles. On se détend. On a le droit de ne pas être parfaites. Ce qui fait de nous de supers mamans, ce n'est pas le "no TV", le "no gluten", le "no milk", le "5 fruits et légumes par jours", le "no cris" et "le no punition".

Ce qui fait maman normal, c'est le "oui à l'amour", le "tiens ça fait un bout de temps qu'on n'est pas allé au ciné", le "viens on se fait un repas n'importe quoi", le "tiens si on jouait à croque carotte", ou encore le "Viens on va voir si on trouve des fées des bois dans la forêt"....

CE QUI FAIT DE NOUS DE SUPERS MAMANS C'EST JUSTE LEUR DONNER BEAUCOUP D'AMOUR, DE L'ATTENTION, ET DE LEUR CRÉER DES SOUVENIRS...

C'est ma copine super Mathou qui a tout compris. Je suis pas une super maman. J'ai des cernes.





vendredi 7 octobre 2016

Le bonheur de n'avoir qu'un seul enfant

Avant de commencer je tiens à prévenir tout de suite, avant de vous précipiter dans les commentaires en me traitant d'égoïste, en me disant que avec deux c'est tout pareil, que je ne suis qu'une conne etc...

Cet article, je l'ai écrit pour moi, moi et un petit peu pour moi aussi. D'autres mamans d'un seul enfant ne se reconnaitrons peut-être pas du tout, et peut être des multipart trouveront cet article judicieux. Mais voilà c'est mon ressenti. Tant mieux s'il vous touche ou vous fait réfléchir. Si vous trouvez que j'ai tord... Bah passez votre chemin...

J'ai longtemps voulu un deuxième. D'abord parce que j'aurais voulu être à nouveau enceinte. Mais aussi parce que j'aurais voulu offrir un petit frère ou une petite sœur à ma fille. Peut-être aussi par pression de la société. 

Mais la vie en a décidé autrement, je n'ai eu qu'un enfant. Une fille. 

Le deuil du deuxième enfant fut dur, je ne m'en cache pas. Encore aujourd'hui parfois, j'y pense...

Et puis il y a des soirs comme ce soir...

Eloïse va avoir 7 ans. Elle est indépendante, fait une partie de ses devoirs toute seule, elle joue relativement seule, mais surtout a des discutions passionnantes.

Nous sommes rentrées, Eloïse a couru après le chat, puis a rangé son cartable et son manteau, elle a joué un peu, puis a pris son bain, on a choisi ce qu'on mangerait ce soir ensemble... 

Il est 18h48, la maison est rangée, Eloïse a droit un peu à la tablette pendant que j'écris mon billet. Je n'ai pas d'autre enfant à laver, personne ne se bagarre pour la tablette ou un autre jeu, je n'ai pas d'autre enfant à habiller, à coiffer, à laver, pas de double devoirs ou d'enfant à occuper... 

Je crois que je suis trop indépendante et que j'ai besoin de trop de liberté pour être une bonne mère avec deux enfants. Aujourd'hui je suis contente d'être entièrement consacrée à ma fille, de ne pas avoir à programmer un temps, consacré à untel ou untel. Je suis contente de l'écouter et de la regarder grandir, d'avoir des temps privilégiés avec elle, et d'être à 100% consacrée à elle. Je suis contente de ne pas avoir à passer après le n°1 puis le n°2, de conserver du temps pour écrire, pour passer du temps dans la salle de bain, pour être égoïste. 

Oui, j'assume, je suis égoïste car aujourd'hui, je ne veux plus de deuxième enfant. Je suis heureuse avec ma fille et mon mec... J'ai du temps pour moi, dans cette période où je me cherche, où je me trouve, où j'apprends à m'aimer...

Oui, je sais. Ma fille n'aura pas cette chance de connaitre la fraternité. Mais je n'ai pas de sœur. Je ne connais pas la complicité qui peut exister entre deux sœurs. Et puis je suis sans doute plus proche de mes amies que de mes propres frères. Est-ce vraiment toujours une chance?

Oui, je sais. Un jour, nous serons vieux, mourants. Ma fille devra gérer cela seule. Ou pas. Elle aura peut-être un amoureux ou une amoureuse, peut-être des enfants, des amis qui l'accompagneront dans ces difficultés là.

Oui je sais ils auraient pu s'entendre, être sages, s'aimer, jouer ensemble, être proche, indépendants.... Ils auraient pu aussi se disputer tout le temps, se détester, s'emmerder, ne pas faire leurs nuits avant leurs 12 ans, avoir un gros handicap... Jurer sur un qui n'existe pas ne rime à rien.

Aujourd'hui, je voulais juste dire que ce soir je suis libre d'écrire cet article, que je vais ponctuer là, maintenant tout de suite parce qu'on va préparer les gnocchis et la fille adore, faire la cuisine avec moi le soir.... Et ce temps là, avec elle je l'ai choisi.

Et lire ensemble