jeudi 8 mars 2012

Un heureux événement

Jour de vacances. Je traine un peu sur le net, puis je tombe sur ce film.

J'hésite.

Je suis en train de lire la version papier alors, j'ai un peu peur de la surprise.  Mais je me laisse entrainer.

Et là en 1h30, tout me saute aux yeux: vos histoires en pagailles, les miennes, les problèmes de couple, de sexes, les questionnements, les envies de prendre l'air après avoir voulu rester dans sa bulle avec son bébé. L'amour, la vie, se trouver en temps que maman, en temps que femme, en temps que mère. Mieux comprendre la sienne, mais aussi moins bien la comprendre.

Toutes ces histoires qui se contredissent et se recoupent sur nos blogs, nos pages facebook, nos mecs perdus face à notre désarroi, ce déchirement de l'intérieur que seule une femme ayant accouché peu comprendre... Ce décalage avec les autres, celles qui ne sont pas mamans, celles qui nous comprenaient tant avant et qui nous semble aujourd'hui si loin de nous.

L'impression d'être passé de fille à mère sans jamais passé par la case femme. Oublier ses désirs, ne plus les connaitres, ne plus les reconnaitres, et finalement devoir apprendre à se connaitre. Soi, seule, en passant par la solitude, l'isolement, la réflexion, l'acceptation de notre histoire.

Voilà donc pourquoi les hommes et les femmes ne seront jamais égaux. Parce que cette déchirure là existe, cette transformation, cette mutation là n'est pas anodine. On a toute je crois essayer de faire semblant que cette transformation n'existait pas. Mais elle est là, elle nous rattrape.

Cette amour là, bouleversant, bousculant, qui te repousse dans tes limites, dans tes choix, dans tes convictions les plus profondes, envoi tout balader à la seconde même où tu as compris qu'il existait. 




Le babyphone

A la demande unanime de ma perle du pacifique, je suis d'accord avec moi-même pour vous raconter tant que je suis de bonne humeur (oui j'ai rendez-vous avec la CAF, cette après-midi), l'histoire du babyphone.

En fait mon post aurait pu s'appeler "paye ta honte d'avoir un mec anxieux", mais bon, j'aurais peur de le stigmatiser. Après promis j'arrête. Si chéri découvre mes post je pense qu'il me quitte et vote Le pen juste pour me faire chier...

Bref reprenons....

Donc j'ai eu un neveux le mois dernier. Comme tous bons parents qui cherchent à pas trop dépenser, ils nous ont demandé ce qu'on pouvait leur filer.  Je fais le tour de la maison. Résultat une paire de baby phone(et dire qu'au début on en avait deux, ayant déjà refilé la première paire à une copine!!!) et un lit parapluie. Surtout que le lit parapluie on en a deux aussi donc...

Donc, prochain voyage chez eux, je glisse dans mon sacs, les babyphones que je donne aux futurs parents ravis de faire une économie de plus...

C'était sans compter sur chéri. Oui. Je ne m'attendais pas à ça, mais chéri ne voulait pas donner le babyphone. Au début, j'ai cru à un attachement particulier (oui, ils nous ont été offerts par quelqu'un que chéri aime beaucoup), mais en fait non. Nous avons déménagé et  la chambre d'Eloïse est  à 4m50 de notre chambre à vol d'oiseau  (et plus accolée à la notre)et chéri m'a sortie la phrase qui tue:

"Et si on 'entendait pas".

Donc par "et si on l'entendait pas" j'ai cherché ce que chéri cherchait à me dire. Même la traduction google/langue de chéri n'a pas réussi à me trouver la bonne traduction. Ok. J'ai du donc faire appel à mon intelligence bien enfouit dans mon petit cerveau de gonzesse et j'ai OSE poser la question parce que même mon cerveau d'Einstein ne comprenait pas ce qu'on pouvait entendre.... 

"Bah et si elle se réveille!"

J'avais bien penser à, "et si elle était malade?" voir "si elle mourait?" mais en fait bah c'était juste si elle se réveillait. J'ai bien essayé de glisser que a 2 ans dans un lit à barreaux, le plus gros risque qu'elle courait était de se coincer le bras dans les barreaux du lit mais j'ai vite compris que perdre du temps à tout explication quelconque avait autant de valeur qu'essayer de faire comprendre à Steevy Boulay, que non, Stefen Sveig n'était pas un créateur de parfum.

Donc je ne parle pas, j'agis, je donne les babyphone sans demander à chéri son avis: on fera sans.

Erreur fatal.

Chéri ne dormait plus, ne mangeait plus, ne vivait plus tant que la crevette avait intégré la cage qui lui sert de lit. Au début j'ai cru qu'il attendait les dérives de futushima sur notre beau village mais non. Chéri, maigrissait à vu d'œil, était en passe de reprendre la clope, et sa vie ne tenait plus qu'à un fil. Il n'entendait plus sa fille dormir (alors qu'avec le baby phone, c'est moi qui l'entendait...)

Et puis, j'ai essayé de lui faire comprendre qu'à deux ans, on n'a plus besoin du baby phone, que notre fille doit apprendre à vivre seule, comprendre les risques d'un lit à barreau, qu'on en mettra pas de baby phone dans sa chambre jusqu'à sa majorité. 

Rien n'y a fait.

C'est finalement Lauriane qui nous a donné un baby phone qui ne lui servait plus (son fils a 15 jours de moins que la crevette. LA honte.). 

Et chéri m'a avoué qu'heureusement qu'elle nous l'avait donné. Parce qu'il comptait en racheter. A 50 euros LE babyphone a 2 ans,...

Je pris depuis tous les jours saint Big brother pour qu'ils tombent en pannes.





Urgences

Rien que pour faire plaisirs à la mère Cane, j'ai décidé de refaire le point sur l'aspect un peu inquiet de mon amoureux. Comme on vient de sortir d'une période "urgences-gastro-coca", j'ai récolté quelques perles rien que pour vous faire un peu plaisirs, vous lectrice assidues, qui m'aduler tant (oui je laisse mon Claude François intérieur parler ce soir...) et qui m'enviez d'avoir un chéri si drôle (malgré lui...).

Bref, donc je vous raconte. Vendredi dernier, la nounou m'informe qu'Éloïse a un peu vomi à midi. Prévoyante, je n'aurais rien dit à chéri si Éloïse n'avait pas à nouveau vomi sur le chemin Canapé-WC et que la délicieuse odeur du voyage du petit beurre entre  l'estomac de la crevette et le parquet de mon salon n'embaumait pas le secteur (les voisins s'inquiètent encore). 

Les voisins peut-être mais moi pas: Hier j'ai donné de la rosette à Éloïse pour qu'elle goutte et la nounou a eu la même idée ce matin. Je me dis qu'un estomac de deux ans d'âge n'est peut-être pas apte à manger deux jours de suite du saucisson... (enfin, là je parle pour ma fille, pas pour l'oie que je boufferais à noël...)

A son arrivée, j'annonce la nouvelle à chéri. Chéri prend la couleur de l'intérieur de mon frigo quand il n'est pas lavé, je commence là à m'inquiéter...

J'explique vite fait le topo et nous passons la nuit tranquilou pilou avec une petite fille qui dort aussi bien que Raymond Barre à l'assemblée, et un chéri aussi tranquille qu'un marsupilami sous exta. En fait je crois qu'il s'est levé à chaque fois qu'il ne l'entendais plus respirer dans le babyphone. Oui, nous avons un babyphone alors que ma fille a bientôt 3 ans, mais ça c'est une autre histoire que je vous raconterais une autre fois parce que sinon on s'en sort plus.)

Bref. Moi au matin, j'ai déjà oublié l'accident de la veille mais le voyage du chocolat au lait sur mon canapé rose, me rappelle au bon souvenir de l'histoire du petit beurre (vous suivez?). J'appelle discretos le médecin. Mais le médecin bah il a choisi pile poile la date de gastro de ma fille pour prendre ses vacances. Pas le choix, je vais devoir annoncer la sentence à chéri: on doit aller au urgences.

J'annonce.

"- Bon bah ça y est on est repartit pour l'hosto... Putaaaaaaaaaaaaaaaain...
- Mais attends.. Elle a juste vomi deux fois, elle semble pas totalement déshydrater ...
- Tu fais son sac?
- Pourquoi tu veux faire son sac?
- Bah pour emmener des jouets! Elle va pas jouer avec les jouets pleins de microbes des urgences....

Oué. Bon. Donc je change, la petite, je prépare le sac, j'enfile autre chose sur moi histoire d'éloigner le plus possible l'odeur du vomi séché sur mes fringues et on y va. 

Ah bah non. Chéri en caleçon dans la cuisine, se lave les dents. 

Moi perso devant la maladie de ma fille, je ne m'inquiète pas tant que ça, mais  ce qui semble plus grave que si on était en croisière Costa sans commandant pour chéri, n'est pourtant pas sa priorité: La priorité avant de sauver la vie de sa fille c'est de se laver les dents (des fois je me demande si on était sur ce fameux navire, si il se serait laver les dents avant d'enfiler son gilet de sauvetage....)

Bon, je dis rien mais j'en pense pas moins. Nous voilà partie pour l'hôpital, sans carnet de santé qu'on a perdu au milieu d'Hiroshima, entendez par là, dans le bordel qui nous sert de maison (enfin on sait que c'est une maison parce qu'il y a un toit et une porte d'entrée pour le reste...).

Arrivés, passage obligés par la borne d'accueil.

Pas de bol, il y a un monsieur tout guilleret qui est en train d'inscrire "Julie" sur son livret de famille, et "Julie", pour la dame de l'accueil, elle doit beaucoup s'appliquer parce que ça lui prend quand même 20 minutes. Donc bloquée entre le papa de Julie et le petit garçon qui a bu du white spirit, nous patientons.

L'enregistrement dure 5 minutes. Nous sommes tout de suite accueillis par une gentille infirmière qui parle tout doucement à ma fille. Je suis étonnée parce que ma fille c'est quand même miss "je hurle devant le corp médical", et là elle ne dit rien. Elle la pèse; verdict: 10kg300.

Chéri frôle la crise cardiaque.
- Mais tu ne m'as pas dis qu'elle faisait 11kg
- Bah elle n'a rien dans le ventre depuis hier, elle a un peu perdu
- Un peu? Non mais là on est à -800g quand même!!!! (sur le ton "métuterenpacomptemapovfille!")

La gentille infirmière vient à mon aide

- Vous savez monsieur, on n'a pas pesé sur la même balance. On peut être à + ou - 300g donc ça se trouve votre fille elle a perdu entre 300 et 500g ce qui n'est pas grave du tout...

- Oui mais nous le pèse personne il indique du "à peu près" alors ça se trouve elle a perdu plus vous comprenez...

J'ai vu le moment où chéri allait expliquer son boulot à l'infirmière qui l'a désarçonnée par un sourire ravageur, puis m'a lancé un regard complice. J'aime les femmes intelligentes.

Donc retour dans la salle d'attente, où 2 minutes plus tard nous sommes reçu par l'interne.

- Elle a été hospitalisée déjà?
- Oui en décembre pour une gastro.
Chéri précise:
- Oui, 5 jours, ... Complètement déshydraté,... mort certaine... eu peur...

Chéri a des trémolos dans la voix
 Je reprend la parole le temps qu'il reprenne sa respiration

- Oui, elle a eu une gastro, une grosse déshydratation, mais au bout de 5 jours, on est sortie et tout est rentré dans l'ordre

Chéri a repris son souffle
-Quoi????????????????????????????????????????
 (là, il a repris son ton "maituvapabienmapovefille"),
- Mais t'étais même pas là quand elle a revomi pendant deux jours!!!! (oui excuse moi chéri de t'avoir lâchement abandonner seul avec une enfant à moitié morte pour aller aux obsèques de ma grand-mère... Elle ne s'est même pas aperçue que j'étais là ma petite mamie...)
- Oui. Bon. Vous lui aviez donné un médicament pour supprimer un germe qui l'a fait à nouveau vomir, notre médecin traitant nous a dit d'arrêter et elle allait mieux.
- Oui, elle avait quand même perdu plus de 1 kg en 48h.
- Oui mais là, ça va mieux, c'est bon!!!! C'est un début de gastro, ça va mieux!!!! Et là c'est pas pareil alors on va se calmer un peu et c'est bon!!! (Oui, j'ose démarrer des engueulades de couples devant des gens que je ne connais absolument pas... Même pas peur!!!)

Devant le drame familial qui se trame sous ses yeux, la docteresse explique à chéri comment on repère une déshydratation. Chéri est rassuré. Moi moins, parce que je sais qu'avec l'explication qu'il vient d'avoir, chéri va observer la bouche et les couches de sa filles tous les jours jusqu'à ses 48 ans.

On administre un supo, 10mg de sucre pure et un demi-verre de coca à la crevette. Éloïse veut s'asseoir sur le petit canapé en attendant le verdict de la médecine. Mais chéri refuse.

"les microbes" m'assène t-il comme si j'étais absolument irresponsable.

 Perso, elle a déjà la gastro alors à moins que le typhus ait touché malheureusement CE canapé là, je vois pas vraiment ce qu'on risque... Donc en attendant de voir si elle vomit ou pas, la crevette est assigné aux genoux de son père. Autant dire le bagne pour une enfant de deux.

15 minutes plus tard elle est libérée.

Nous avons LE droit de quitter les lieux.

Nous voilà en voiture chéri un peu rassuré jusqu'à...

LE DRAME

Éloïse a vomi son coca sur son imper violet. Chéri va pleurer, me faire une crise de nerf au volant, Éloïse ne va pas mourir d'une gastro mais dans un accident de voiture provoqué par un petit vomi de coca.

Et là j'entend la toute petite voie de ma fille malade qui dit à son père:
- Mais c'est pas grave papa, j'ai vomi mais c'est pas grave..

Il n'y a pas que les infirmières mignonnes de l'hôpital qui sont intelligentes et qui savent dédramatiser des situations dramatiques de chéri...

Œuvre de sergentdélire qui a due croiser chéri aux urgence dimanche dernier